Lorsque l’on pense Corée du Sud et musique, on associe généralement cette idée à la K-pop. Cette musique, qui a permis à la Corée de s’exporter internationalement, est pourtant assez récente. En effet, la Corée possède une musique traditionnelle et ancestrale très intéressante.

La musique coréenne est un métissage d’influences à la fois chinoise mais aussi japonaise ainsi que composées d’éléments indigènes. Même si la Corée est aujourd’hui séparée en 2, elle fut longtemps un pays unis, sa musique et sa culture traditionnelle reste donc la même. La différence reste l’influence occidentale dans la musique moderne au Sud, et l’influence idéologique dans celle du Nord.
La musique traditionnelle coréenne (gugak) s’est développée au gré des changements de son histoire. A partir du 7ème siècle, pendant la dynastie de Silla, celle ci s’est divisée en musique de Cour et en musique folklorique. Il est à noter que les instruments de l’époque sont encore en usage. Par ailleurs, le hanbok traditionnel ou un habit formel est porté par les musiciens lors de leurs prestations.

Les musiques traditionnelles : gugak
Parmi la musique traditionnelle figure la musique de Cour. Elle est à l’image des changements du pays, qui sous l’influence chinoise, s’est scindée en trois genres en 1425 :
Le Aak : qui correspond au rituel confucéen chinois (munmyo cheryeak), importé en 1116. Il a quasiment disparu aujourd’hui.
Le Tangak : musique séculière de la dynastie chinoise Tang, mêlée à des éléments coréens, elle aussi a quasiment disparu.
Le Hyangak : cette musique séculière coréenne remonte du 6ème  siècle. Influencée par la dynastie de Goryeo,  Sung remplaça celle des Tang. Le haegum et le janggo qui y firent leurs apparitions, sont  aujourd’hui des instruments typiques. Cette influence diminua avec la dynastie Joseon. C’est avec le roi Sejong(musicien), que le rituel chinois fut abandonné et remplacé par des éléments coréens grâce à une nouvelle notation musicale (en 1454). Elle est encore très pratiquée, et ce, notamment avec des danses.

On retrouvera également la Musique aristocratique appelé jeongak.
Le jeongak ou chongak (“musique correcte”) est une variété complémentaire, correspondant à la musique de chambre des nobles ou des aristocrates. C’est une musique lente, solennelle et sophistiquée. Majoritairement,  ces musiques ont été composées afin d’accompagner la danse, les banquets ou les défilés militaires (daechwita), notamment à l’aide du geomungo.
La musique de chambre et de danse tient dans la suite instrumentale « Yongsan Hoesang » en 9 parties avec ses variations orchestrales :
⦁    hyonak yongsang hoesan, pour les cordes.
⦁    kwanak yongsang hoesan ou manbangjigok, pour les vents.
⦁    p’yongo yongsang hesan, deux tons inférieurs à la première, pour les cordes et  les vents.

La musique vocale est de trois types différents:
⦁    le kagok,  un long cycle lyrique ancien accompagné aux instruments (cordes, vents et percussions). Divisé en cinq sections, il est chanté par les hommes (26 chants) et les femmes (15 chants) alternativement.
⦁    Le kasa, répertoire de douze chants lents accompagnés d’instruments (vents et percussions). La voix alternant entre le normal et le falsetto.
⦁    Le sijo ou shijo, chant lent réservé à la poésie narrative ou aux sentences morales, accompagné d’instruments (⦁    piri, ⦁    tanso et ⦁    changgo ou simple battement de mains). La voix utilise aussi le vibrato et le falsetto.

L’ensemble pungnyu, est celui qui accompagne ces expressions vocales.
On la retrouve avec la chanson Arirang. Peu connue chez nous, mais cette  célèbre  chanson traditionnelle en Corée comme à l’étranger, est une chanson folklorique. Elle est considérée comme l’hymne officieux de la Corée. Il existe plusieurs versions  régionales de cette chanson ancienne de plus de 600 ans.
⦁    Jeongseon Arirang, (정선 아리랑), pour la région de Gangwon
⦁    Jindo Arirang (진도 아리랑) région de Jeolla
⦁    Milyang Arirang (밀양 아리랑), région du sud de Gyeongsang

La plupart des versions décrivent les difficultés rencontrées par le sujet pendant qu’il traverse un chemin montagneux.  Arirang signifie en fait le nom de l’un de ces passages montagneux, et c’est pour cette raison qu’il est devenu le titre de la chanson.
Ce n’est qu’à partir du 16ème siècle que la musique coréenne s’éloigne de la chinoise en adoptant non plus un mètre double, mais un triple (trois battements par mesure) voire parfois un quintuple, et en optant pour la gamme pentatonique.  Uniquement deux modes pentatoniques sont utilisés depuis le 15ème siècle : le  p’yongjo, et le  kyemyonjo, joués en Si et Mi, ce dernier devient le préféré à la Cour.

Parallèlement, des traditions folkloriques se développèrent :  le pansori et le sanjo.  Aux notes non fixes et sensible à de grands vibratos, les intervalles changent au rythme de l’humeur du musicien, en fonction de l’effet désiré. Il est difficile de transcrire ces musiques avec notre système occidental.
Suite à l ‘occupation japonaise en  1910, la musique coréenne connait un déclin. En 1951, grâce à la fondation de l’Institut national de musique classique, afin de préserver la musique de Cour, celle-ci réapparait.

Les musiques folkloriques : minsokak
A la fois rapide et dynamique, elle est de tradition orale, dérivée de la musique paysanne (pungmulnori et nong-ak) et chamaniste (sinawi). Ce sont à peu près les mêmes ensembles qui jouent la musique folklorique. Le mètre double est plus employé et chaque musicien possède sa propre version des airs.
Le sinawi est une musique d’improvisation d’ensemble qui est destinée à influencer les esprits, lors des cérémonies chamaniques. Jouée sur le mode kyemyon, elle s’inspire du pansori  et du sanjo.

Les kayagum pyongch’ang et kayagum sanjo sont des chants dérivés du pansori et des tangas (préludes au pansori). Le chanteur s’accompagne lui-même au kayagum(instrument populaire), en improvisant entre les parties vocales.
Le samulnori ou samullori, est une musique essentiellement de percussion (gongs ching et kkwaenggwari, et de tambours puk et changgo). Elle fut créée en 1978 par Kim Duk-Soo à partir d’anciennes traditions. Elle accompagne danses et rituels chamaniques.
Le sanjo s’est développée à partir du pansori, des chansons populaires et de la musique chamanique de la province de Jeolla au Sud-Ouest du pays. Le créateur de ces pièces du 19ème est Kim Ch’angjo. D’abord interprété au kayagum, il a très vite été adapté pour d’autres instruments (komungo, taegum, piri, haegum ou ajaeng) et est toujours accompagné au tambour changgo. Il est improvisé sur divers cycles rythmiques (changdan) allant crescendo.

Le jultagi est une musique qui accompagne les spectacles de funambule.
La musique vocale est représentée par :
⦁    Le pansori, opéra folklorique épique et narratif pouvant durer jusqu’à 8 heures.
⦁    le minyo, chant folklorique simple, auquel beaucoup des variantes existent (kyonggi minyo de l’est, namdo minyo du sud et sodo minyo du nord) et dont la chanson Arirang est là aussi une référence.
⦁    le suhdosori, qui est un chant de lamentation.
⦁    le tul nori, poong mool nori ou nong ak, est un chant de propitiation agraire proche du sinawi.

Les Musiques rituelles

⦁    Le chongmyo cheryak est un rituel célébré une fois par an au Sanctuaire ancestral (Chongmyo) à Seoul. De grands orchestres s’y produisent avec flûtes, hautbois, lithophones, percussions et gongs variés. De nombreux danseurs accompagnent ces cérémonies.
Le munmyo cheryeak est un rituel devenu rare aussi et a lieu deux fois par an au Temple de Confucius de l’Université de Songgyun’gwan.

Article rédigé par CélineF


Un commentaire:

  1. Miss-Dreams

    2018-11-08 at 11:23

    Merci beaucoup pour cet article très instructif !

    Je prépare actuellement un TPE sur les différences culturelles entre le Japon, la Corée et la France; et votre article m’est très utile !
    Pourriez vous néanmoins signalez vos sources, afi,n que je puisse compléter mon travail ?
    Merci beaucoup d’avoir pris le temps de lire ce message

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